Archives de catégorie : Contexte

Textes d’ambiance et présentation d’éléments de l’univers de Chiaroscuro

Fêtes céliannes

Voici les principales fêtes célébrées à travers l’ensemble des territoires célians. Chaque région compte également plusieurs fêtes locales, liées à des évènements ou des personnalités historiques particuliers. La plupart des maisons patriciennes octroient également un jour férié à leurs sujets lors d’évènements importants pour leur suzerain : son mariage, son accession au titre et enfin son décès. Les fêtes religieuses locales varient énormément d’un endroit à l’autre, en fonction de la prédominance des croyances en vigueur.

Magna seminatores : fête des dieux créateurs (1er Risvel)
Le premier jour de la nouvelle année est l’occasion de remercier Mère Sylve ainsi que Père Nuages. Les différents cultes tournés vers l’une ou les deux divinités se livrent généralement à diverses cérémonies publiques. Le vin coule à flots et il y a de nombreux spectacles de rue, la plupart financés par les congrégations les plus aisées. On profite également de l’occasion pour faire diverses démarches marquant plus ou moins symboliquement un nouveau départ : demandes en mariage, signatures de contrats, annonces de nouveaux projets, etc. Seminatores est également très souvent l’occasion d’entamer des travaux d’intérieur ou de mettre en route un chantier.

Sementiva : fête des semailles (10 Seminus)
Par tradition, on ne sème qu’à partir de cette date, si le temps le permet. Sementiva est symboliquement rattachée à Mère Sylve et dans les campagnes, les jehaniens ainsi que de nombreux cultes animistes sont sollicités pour bénir les champs et intercéder auprès des esprits locaux. On en profite aussi pour solliciter les envouteurs et autres personnes capables d’interpréter les rêves, dans l’espoir d’avoir des informations concernant le futur. Après une journée très active, la soirée est l’occasion d’un repas festif, souvent accompagné de musique. En ville, Sementiva ne concerne que les personnes accordant un respect marqué envers Mère Sylve. Elles se rendent dans un lieu de culte pour participer aux cérémonies sacrées. Les jehaniens, ainsi que de nombreux restaurants et tavernes, proposent également un banquet très convenable, pour un prix correct.

Principium : Jour de la fondation (12 Temporas)
A Celalta en particulier, le Principium qui commémore la fondation de l’Empire est l’occasion d’énormes dépenses et excès. Le trésor impérial est mis à contribution pour fournir des aliments et de la boisson en quantité. Ces denrées présentées sur de grands comptoirs dans les jardins du palais impérial sont vendues à perte aux visiteurs, pour un prix très symbolique. Une bonne partie se retrouve d’ailleurs sur les étals des commerçants de bouche ou dans les cuisines des tabernae durant les heures qui suivent…
Les parades militaires sont nombreuses, de même que les spectacles de rue célébrant  certains épisodes de l’histoire impériale. Les meilleurs artistes, acteurs et gladiateurs sont au coeur des festivités et les licteurs ont fort à faire jusqu’à l’aube suivante. A la mi-nuit, le souverain se retire pour se livrer à une cérémonie très privée, dont peu de gens ont connaissance (Imperium p.XXX). Dans les autres villes, les réjouissances sont un peu plus modestes mais restent fastueuses. Les lignées patriciennes qui peuvent remonter leurs origines à l’époque d’Astranus mettent un point d’honneur à éblouir, enivrer et rassasier leurs sujets pour l’occasion.
Dans les territoires de la Ligue, le Principium est devenu la Fête de l’Alliance, qui célèbre l’indépendance des ligueurs.
Parentales : Fête des ancêtres familiaux, à chaque mi saison (le 15 Seminus, Solius, Aratura et Gelis).
Comme pour le reste du culte rendu aux ancêtres, il s’agit d’occasions privées, célébrées en famille le plus souvent. Généralement, on s’habille de noir pour l’occasion et on met de côté pour la journée les disputes et chamailleries familiales habituelles. Certaines familles se rendent dans les cimetières pour déposer des fleurs sur les tombes des ancêtres, ou font des dons aux oeuvres sociales. Celles qui comptent des ancêtres glorifiés par les Sanctissimes sont souvent invitées à une messe et nombreux sont ceux qui font une offrande en cette occasion.

Restauratio : couronnement d’Adolphus (19 Aratura)
Cette date commémore la fin de la Guerre des Princes, et le retour des D’Ambrosia à la tête de l’Empire. Auparavant, à une échelle moindre, on retrouvait à l’occasion de Restauratio les manifestations et festivités qui marquent la fête du Principium. Les maisons qui furent au nombre des principaux alliés d’Adolphus à l’époque ne manquaient pas de venir en grande pompe à la capitale, pour renouveler publiquement leur allégeance à la lignée impériale. Le fait que plusieurs de ces maisons fassent désormais partie de la Ligue a grandement marqué les esprits et depuis le début de la Guerre Civile, Restauratio a pris une toute autre allure. Les festivités sont moins ostentatoires et les partisans des maisons bellicistes du Sénat organisent de nombreuses manifestations de rue. On y appelle à la reprise des hostilités avec la Ligue, et à sa conquête.

Finis : le dernier jour de l’année (30 Neva)
La dernière journée de l’année est employée à régler les affaires en souffrance. A partir du crépuscule, les tavernes, théâtres et autres lieux de spectacle ou de réjouissances sont fermés. Les musiciens et les artistes interrompent leur travail et les gens se mettent à parler à voix basse. La grande majorité des Célians jeune en cette occasion. Les rues sont quasiment désertes et nombre de commerçants ferment également au coucher du soleil. On reste chez soi, en famille, pour clore l’année de manière paisible.

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Autres fêtes religieuses
La multiplicité des croyances dans la culture célianne et sa tolérance en la matière font que les fêtes religieuses ne concernent jamais la majorité de la population.

Tous les cultes animistes, y compris les jehaniens, célèbrent Magna seminatores, ainsi que Sementiva. La plupart participent aux festivités officielles, mais dans les lieux où se trouvent des temples, il y a aussi des cérémonies publiques. Les repas de famille chez les paysans sont aussi l’occasion de savourer des plats locaux, spécialement préparés pour l’occasion.

L’Église Séraphique organise de son côté des parades régulières de prêtres avec leurs Invocations, le premier jour des mois impairs. Ce rite vient tout droit de la Cité Sainte et est célébré partout où les séraphistes ont pu dresser un temple.
Le défilé du 1er Risvel célèbre l’ensemble des Cinq. Les occasions suivantes sont dédiées à chacun d’eux de manière spécifique.
– Folias : Nodaimos de la Flamme
– Solius : Elandeis de la Lumière
– Recolis : Kadaleren du Métal
– Brumalis : Vangel du Chagrin
– Gelis : Iolanos de la Nuit
Lors de ces parades, chaque prêtre convoque un Séraphin découlant de celui qui est honoré, s’il en est capable. Lorsque les talents des prêtres locaux ne le permettent pas, on fait défiler des effigies de taille humaine, faites de bois, tissu, métal et verre. Cette pratique est surtout observée dans les paroisses les plus modestes, qui n’ont quasiment jamais plus d’un ou deux prêtres résidants. Cela est d’autant plus fréquent lors de la parade du 1er Risvel, puisque des invocations liées aux Cinq doivent être simultanément présentes. Cette parade se déroulant en même temps que Magna seminatores, la présence d’invocations en nombre important dans les grandes villes où l’Église est bien implantée donne un tour véritablement grandiose aux festivités débutant l’année.

(pour compléter votre lecture, vous pouvez aussi jeter un oeil a un post plus ancien, sur les soirées et orgies céliannes).

Les Ikoniens après la chute

Une fois l’archipel d’Ikonia ravagé, les survivants se divisèrent en trois grands groupes, les sédentaires, les ouramans et les nomades, qui perdurent encore aujourd’hui. Cette division de la société ikonienne a émergé principalement par la façon dont les Ikoniens vécurent la chute de l’Hégémonie et la destruction de leur archipel natal. Ainsi, les sédentaires souhaitent préserver leur identité ikonienne mais sont conscients que les autres peuples n’ont pas oublié leur ancienne domination. Affirmer leur identité tout en évitant de se mettre à dos leurs voisins résume leur ligne de conduite depuis les origines.

Les ouramans, quant à eux, pensent que l’Hégémonie aurait pu évoluer autrement, si une dimension plus collective et respectueuse de sa diversité culturelle avait pu voir le jour. Les dogmes sociaux de l’Église Séraphique et son organisation même en font, du point de vue des ouramans, le meilleur outil possible pour stabiliser les sociétés continentales et éviter dans le même temps les frictions qui causèrent la fin de l’Hégémonie. A cet égard, la guerre civile qui brisa en deux l’Empire de Celalta suscite bien des controverses au sein de la hiérarchie de la Cité Sainte.

Les nomades, à l’inverse, se moquent bien d’une quelconque unité ikonienne, quelles que soient ses ambitions. Issus majoritairement des couches les plus modestes de l’Hégémonie (Effectuateurs peu considérés et Indigents), leurs ancêtres ne voyaient aucun intérêt à préserver un système dans lequel on ne leur accordait guère d’importance.

Les sédentaires
Ils sont présents dans de nombreuses agglomérations à travers les territoires contrôlés par les Célians et les Lyrriens. Ils vivent surtout dans des enclaves ou des quartiers délimités. On trouve également de petites communautés ikoniennes à Belvorov et sur plusieurs îles de la Mosaïque. Ces Ikoniens tentent de préserver une certaine identité culturelle, tout en cohabitant avec leurs voisins bien plus nombreux. Les mariages entre ikoniens de différentes enclaves sont fréquents, mais ceux avec des personnes issues des autres peuples bien plus rares. Les coutumes des sédentaires mélangent à la fois l’héritage ikonien et les us des Lyrriens ou des Célians. Le système des castes existe toujours au sein des communautés sédentaires, mais on ne trouve presque pas de Promoteurs et une poignée seulement de Parfaits. Dans la pratique, les sédentaires sont quasiment tous des Effectuateurs, même si en dehors de leurs quartiers et enclaves, personne n’en a cure. Les enclaves ikoniennes sont généralement pleinement intégrées à la société locale et ne se distinguent que par les us de leurs habitants, et une tendance prononcée à régler leurs problèmes en interne sans impliquer les autorités. Si tous leurs résidents se considèrent avant tout comme des Ikoniens, sur le plan légal, leur situation a beaucoup varié selon les lieux et les époques. Actuellement, les sédentaires sont considérés comme des citoyens impériaux à part entière, par exemple, alors qu’il y a encore un siècle, ils étaient rabaissés au rang d’étranger et qu’il arrivait que des patriciens les fassent expulser et réduire à l’esclavage pour s’emparer de leurs possessions.
Le grand quartier ikonien de Celalta est hospitalier et accueille une foule de fêtards ainsi que des voyageurs de passage, mais il est assez atypique. La majorité des autres enclaves vivent de manière nettement plus autarcique et leurs résidents se montrent assez circonspects envers les visiteurs, allant jusqu’à refuser de les servir dans les commerces du quartier.  Si les lois céliannes ou lyrriennes n’interdisent à personne de s’installer dans un quartier ikonien, dans les faits, rares sont ceux qui s’y essaient et plus rares encore ceux qui parviennent à se faire accepter.

Les ouramans
Ils se désignent d’après l’ancien nom de la Cité Sainte, Ouramas. Fondateurs de l’Église Séraphique, ils veulent donner un nouvel essor aux vieilles ambitions civilisatrices d’Ikonia, en œuvrant à travers leur église à fédérer les différents peuples. Les ouramans ont également conservé le système des castes d’origine, mais ils l’ont sensiblement modifié en y donnant une meilleure place aux non-ikoniens. Ainsi, quelles que soient leurs origines tous les prêtres séraphistes ordonnés font automatiquement partie de la caste des Parfaits, de même que tous les officiers de l’armée de la Cité Sainte rejoignent les rangs des Promoteurs. Dans les territoires de Protectorats, les descendants des Déchus qui ont prêté allégeance à la Cité Sainte sont devenus les Isones, littéralement « ceux qui sont égaux en droits ». Ils sont pleinement intégrés au système des castes et plusieurs lignées isones sont parvenues à atteindre des positions d’importance dans la hiérarchie ouramane. Cependant, les Hiérarques qui dirigent l’Église Séraphique sont encore presque tous des Ikoniens, et les rares Isones qui sont parvenus à se hisser à ce rang ne nourrissent guère d’espoir que l’un d’eux puisse dans un avenir proche devenir Primarque et prendre la tête des séraphistes.

Les nomades
Les nomades ont fait le choix de vivre à l’écart des grandes agglomérations et de tourner le dos aux anciennes traditions ikoniennes, pour créer une société qui leur convienne davantage, sans avoir à se justifier auprès des autres peuples. Les nomades ont adopté un système social clanique, se divisant en familles itinérantes. Ces groupes rejettent le principe des castes et élisent le plus souvent leurs chefs parmi les candidats disponibles. Ces dirigeants occupent généralement leur poste à vie, mais certaines familles préfèrent un système de mandat temporaire, obligeant les chefs à prendre soin des leurs s’ils veulent rester au pouvoir. Les nomades sont généralement peu soucieux de préserver une quelconque « pureté » de leurs lignées. Ils adoptent volontiers des étrangers désireux d’intégrer leurs communautés, du moment qu’ils s’engagent à en suivre les coutumes, à respecter les traditions et à prendre un nom ikonien. Il faut cependant reconnaitre que la plupart des étrangers considèrent les nomades comme des gens à la morale douteuse, et n’envisagent absolument pas de rejoindre leurs rangs.