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Eglise Séraphique

Au temps de la défunte Hégémonie d’Ikonia, les mages-invocateurs venus de
l’archipel pouvaient appeler les Séraphins, des entités créées par la seule
puissance de l’esprit humain. La puissance de ces entités était d’autant plus
puissante que l’invocateur pouvait s’appuyer sur l’aide d’assistants rassemblés
en congrégations. Comme on le sait, la magie d’invocation fut responsable de la
puissance hégémonienne mais également de la dévastation d’Ikonia, lorsque les
cinq Grands Séraphins, ultimes manifestations du pouvoir des invocateurs,
échappèrent au contrôle de leurs créateurs. 
Avec la destruction d’Ikonia vint la chute de l’Hégémonie. Les
natifs de l’archipel installés sur le continent, se dispersèrent et nombreux
furent ceux qui périrent des mains de leurs anciens vassaux. Dans le nord, la
cité d’Ouramas, l’un des plus anciens bastions de l’expansion ikonienne,
parvint cependant à résister et procéda à la réorganisation de ses invocateurs
pour se protéger.
L’Eglise Séraphique émergea rapidement, afin d’assimiler les
implications de la magie d’invocation dans l’essor et la chute de l’Hégémonie. Ses
fondateurs élaborèrent une doctrine dont les valeurs centrales sont de louer la
puissance de l’esprit humain et de contrôler soigneusement ses propres
passions. Le sage ikonien Basileos Exarkos jeta les bases du Dictorium, l’ensemble
des préceptes et règles qui régissent l’organisation de l’Eglise ainsi que son
idéologie. Par la suite, Ouramas fut rebaptisée la Cité Sainte et ses missionnaires
se dispersèrent à travers les territoires autrefois soumis à leurs ancêtres.
L’Eglise Séraphique voit les Cinq Grands Séraphins comme des
symboles de puissance, une puissance qu’il faut manier avec soin pour éviter de
nouveaux désastres. Sur un plan métaphorique, les Séraphins représentent le
plus grand, et le plus dévastateur, des accomplissements humains. Par
extension, l’Eglise encourage l’autodiscipline, la recherche du savoir, la
constance dans l’effort et le respect des règles établies. Elle se perçoit
comme un mouvement qui favorise la stabilité des civilisations et le
développement des connaissances, à travers ses valeurs. Malgré ses origines
historiques et ethniques, elle est parvenue à s’implanter solidement dans les
anciens territoires hégémoniens, principalement parce qu’elle a accepté en son
sein des prêtres issus des autres peuples, qui forment désormais la majeure
partie de son clergé. Les prêtres, seuls détenteurs de la magie d’invocation,
s’engagent à respecter les lois locales et à mettre leurs pouvoirs au service
de la protection de la communauté lorsqu’elle est menacée. Ils gèrent également
des écoles et des hospices.
L’Empire de Celalta a parfois composé avec la Cité Sainte,
tout en s’assurant qu’elle ne gagnerait jamais réellement en puissance sur ses
territoires. Il est cependant indéniable que l’Eglise Séraphique constitue un
outil d’émulation sociale et de stabilité que le pouvoir impérial n’a jamais
négligé.  Par exemple, la loi impériale
autorise la tenue des Joutes Séraphistes. Ces compétitions rituelles permettent
aux prêtres et à leurs congrégations respectives de s’affronter symboliquement
par invocations interposées, lors de rencontres publiques spectaculaires. Chaque
adepte de cette croyance a donc, en participant aux Joutes comme assistant du
prêtre de sa congrégation, la preuve manifeste que sa volonté canalisée
participe directement à un tout collectif.

                                                                                                                        Illustration : Akae

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